vendredi 29 mai 2020

Mayotte moins touchée par la baisse d’activité… mais pas par le chômage

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chomage apres crise
La baisse de l’activité due aux mesures du confinement atteint 18% à Mayotte, soit deux fois moins qu’au niveau national. Mais avec un taux de chômage qui restait à 30% en début d’année, le 101ème département et ses demandeurs d’emploi risquent bien d’en sentir les effets sur le plus long terme.

Quatre. C’est le nombre de salariés du Caribou Hôtel dont le contrat est arrivé à terme pendant le confinement et qui n’ont pas été renouvelés. Certes, c’est peu face aux quelques 22.500 chômeurs à Mayotte au sens du Bureau international du travail (BIT), au second trimestre 2019. Avec 30% de taux de chômage, le 101ème département continuait, au début de l’année, de défier les statistiques nationales. Or, la crise liée aux mesures de confinement pour prévenir la propagation du coronavirus ne risque pas d’arranger les choses. “La personne qui ose vous dire qu’elle compte garder ses CDD, c’est Pinocchio ! Non, c’est malheureux, mais les entreprises aujourd’hui ne peuvent pas se permettre de refaire des contrats, alors que nous n’avons pas de visibilité à deux jours”, grince Bruno Garcia, le gérant de l’hôtel bien connu de la place Mariage.

Pourtant, une note de l’Insee publiée le 7 mai dernier aurait pu rassurer sur l’impact économique immédiat de la crise du Covid-19 à Mayotte. D’après l’institut statistique, la chute de l’activité sur l’île a été limitée à 18%, contre 33% au niveau national. Une “bonne” nouvelle, qui s’explique surtout par la place de l’emploi public dans les administrations, encore prépondérant à ce jour. “Le fait que le secteur public soit aussi important n’est pas une bonne chose en soi, cela signifie surtout que le secteur privé, lui, est encore peu développé”, tempère Jamel Mekkaoui, le chef de service Insee à Mayotte. Le secteur public, plutôt épargné en temps de crise, brouille donc un peu les chiffres. Alors qu’en se concentrant sur le secteur marchand, les conséquences de la crise dans notre bout de pays rejoint la situation nationale. Ainsi, deux secteurs très porteurs subissent de plein fouet la crise : le bâtiment, qui représente à lui seul un quart de la chute d’activité, et le commerce non-alimentaire.

Chômage partiel et contrats courts

Pour évaluer l’impact de cette baisse d’activité sur l’emploi, et donc sur le nombre de chômeurs à terme, c’est une autre paire de manche. “Il y a la conséquence à court terme, que l’on peut mesurer avec le recours au chômage partiel, et les conséquences à moyen et long terme, qui dépendront de la reprise de l’activité”, poursuit Jamel Mekkaoui. Or, ce sont déjà 12.500 salariés qui ont été placés sous ce dispositif… Mais il n’est pas certain qu’ils puissent tous rester en poste longtemps après la crise. “Ces chiffres ne représentent pas vraiment la réalité car des personnes peuvent avoir vu leur contrat se terminer sans qu’on leur propose de renouvellement à cause de la crise”, précise le responsable. Et si l’on se base sur les chiffres de l’Acoss (Agence centrale des organismes de sécurité sociale),

publiés dans une étude de la Dieccte en mai 2019, sur l’ensemble du marché du travail, les CDD représentaient 72% des embauches en 2017. Le gérant du Caribou Hôtel pourrait bien ne pas être le seul à avoir renoncé à renouveler ces contrats.

Pour déterminer l’impact à long terme, il faudra néanmoins attendre les résultats de l’enquête en cours de l’Insee, qui permettra d’analyser l’évolution du taux de chômage rétrospectivement. Côté BTP, secteur porteur pour l’île, on sauve en tout cas les meubles, pour l’instant. “Nous avons pu maintenir l’emploi grâce à l’activité partielle”, assure Julian Champiat, le président de la FMBTP, la Fédération mahoraise du bâtiment et travaux publics. “Aujourd’hui, grâce au guide de bonnes pratiques sur les chantiers, environ 40% de nos entreprises ont pu reprendre de l’activité, avec 50% d’efficience”. Mais même si aucun adhérent n’a pour l’instant évoqué de licenciements, “il faut revenir vite à 80% d’efficience pour éviter que des salariés ou des intérimaires souffrent de la crise”, développe-t-il.

Baisse des inscriptions à Pôle Emploi

Jean-Christophe Baklouti, le directeur régional de Pôle Emploi à Mayotte, partage son analyse : “Certes, le BTP, par exemple, a pas mal souffert de la crise, mais on peut espérer que le chômage partiel a bien fonctionné”. Pour l’instant, d’ailleurs, le nombre d’inscriptions à Pôle Emploi a plutôt chuté ces dernières semaines, à l’en croire. Une situation qui s’explique avant tout par la fermeture des agences sur l’île, qui ne réouvriront qu’une semaine minimum après la date officielle du déconfinement (l’accueil se fera uniquement sur rendez-vous). “Nos services sont dématérialisés, or le taux de pénétration d’Internet dans les foyers mahorais est d’à peine 35%”, analyse-t-il. “On s’attend donc à une hausse des inscriptions après le confinement, auxquelles s’ajouteront peut-être les inscriptions liées à l’impact économique : fermetures d’entreprises, plan de licenciement, etc.”. S’il faudra attendre quelques mois pour tirer des conclusions pour le chômage, un autre indicateur peut toutefois illustrer la tendance sur le marché du travail : “nous avons constaté que bon nombre d’offres d’emploi qui avaient été déposées avant le confinement ont depuis été retirées par les recruteurs”, signale Jean-Christophe Baklouti.

mercredi 22 avril 2020

La dengue a déjà fait 12 morts à Mayotte

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Si l’épidémie de COVID-19  retient  toute l’attention à cause de son étendue internationale, une autre épidémie, la dengue sévit actuellement à Mayotte. Depuis début mars, on enregistre une hausse significative de formes graves et plusieurs décès imputés à cette maladie.

Depuis le début de l’année au 20 avril 2020,

    on déplore déja 12 décès dont 5 à domicile sur les 3 163 cas de dengue confirmés et diagnostiqués dans le département ;
    292 patients ont nécessité une hospitalisation, 19 patients ont été admis en réanimation et 60 % des hospitalisations ont été recensées en maternité ;

Mais l’ARS note aussi que de nombreuses personnes ont renoncé à consulter leur médecin. De nombreuses autres n’ont pu bénéficier de tests pendant cette période, alors même qu’elles présentaient des symptômes typiques de la dengue. Le nombre des personnes réellement atteintes - dans tous les villages, sans différenciation d’âge, de profession ou de milieux de vie - est donc très largement supérieur aux cas biologiquement prouvés.

Et pour lutter contre la progression du nombre de personnes touchées par la dengue, Les agents de la lutte anti-vectorielle de l’ARS intensifient leurs interventions autour des quartiers les plus touchés.

L’ARS recommande l’application des bons gestes pour se protéger des piqûres de moustiques !

    Utilisez des répulsifs et des moustiquaires pour vous protéger des piqûres, et continuez à vous protéger même malade pour que les moustiques ne contaminent pas votre entourage.
    Videz les poches d’eau stagnante autour de votre habitation et couvrez les réserves d’eau.
    Ramassez les déchets autour de la maison, jetez les dans une poubelle et couvrez les pneus.
    En cas d’apparition de symptômes (forte fièvre, douleurs articulaires, maux de tête, grande fatigue), prenez du paracétamol, surveillez votre température et continuez de vous protéger des piqûres de moustiques (moustiquaires et répulsifs) pour éviter de contaminer votre entourage. 

Mayotte 15 nouveaux cas confirmés, 326 cas au total

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326 cas. Un chiffre en constante progression. Une hausse qui s’explique en partie par le changement de stratégie de l’ars qui réalise davantage de tests de dépistage, au cas par cas, en fonction de la situation, auprès de l’entourage direct des cas confirmés.

326 cas ce mercredi 22 avril . 20 personnes sont hospitalisées dont 4 en réanimation. Mayotte compte 4 décès lié au Covid-19 depuis le début de l'épidémie.
 Depuis l’introduction du virus à Mayotte, plus de 2100 tests ont été réalisés par le laboratoire du CHM.
Des clusters anciens maîtrisés, de nouvelles zones de circulation apparaissent
Près de la moitié des cas confirmés sont considérés comme guéris (absence de fièvre et d’essoufflement depuis au moins 48h, à partir du 8eme jour de début des symptômes) et ne peuvent donc plus transmettre la maladie.
Certains des clusters (regroupement de cas) identifiés et suivis régulièrement par les équipes de Santé Publique France et de l’ARS, sont aujourd’hui considérés comme « éteints ». Un nombre important de cas avait retenu l’attention au CHM. La plupart d’entre eux sont aujourd’hui guéris. Grâce à un travail méticuleux conduit au CHM, le secteur médical compte très peu de nouveaux cas.
Chaque jour, les équipes de contact tracing (qui identifient patiemment les contacts des cas positifs, graves ou non) suivent la piste d’éventuelles nouvelles zones de circulation (clusters) du virus. Les équipes mobiles de l’ARS composées de médecins et d’infirmiers (parlant français et shimaoré) complètent ce travail, au contact des personnes covid + et de leur famille. Elles apportent les explications et les équipements nécessaires, réexpliquent l’importance de l’isolement des malades et du respect des gestes barrière. Des tests de dépistage peuvent, éventuellement, être proposés à la famille proche et au voisinage dans certaines situations.

mardi 21 avril 2020

Coronavirus: Mayotte 27 cas supplémentaires en 24h. 311 cas au total

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Mayotte enregistre ce mardi la plus forte progression depuis le début de la crise. Plus de 27 cas supplémentaires. direct des cas confirmés. Au fil des résultats, l’ARS constate que la plupart des patients positifs ne présentent pas ou peu de signes cliniques.

Depuis l’introduction du virus à Mayotte, plus de 2000 tests ont été réalisés par le laboratoire du CHM. De nombreux cas asymptomatiques comme annoncé hier, dans un souci de contrôler la diffusion du virus, l’ARS réalise davantage de tests de dépistage, au cas par cas, en fonction de la situation, auprès de l’entourage direct des cas confirmés.

Au fil des résultats, l’ARS constate que la plupart des patients positifs ne présentent pas ou peu de signes cliniques. Il faut donc être très vigilant car, comme l’indiquent les scientifiques, même en l’absence de signes, vous pouvez être porteur du virus. Plus que jamais le respect des mesures barrières, la distanciation physique d’un mètre minimum (2 pas entre 2 personnes), la réduction des contacts (famille, amis, collègues) et les mesures de confinement doivent être maintenues avec le même engagement sur l’ensemble du territoire.

lundi 20 avril 2020

Mayotte 13 nouveaux cas de COVID-19 ont été identifiés, portant à 284 le nombre total de cas.

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Les habitants de Mayotte peuvent compter sur l'ouverture d’un centre d’hébergement pour se protéger et protéger son entourage.

Dans le cadre de la préparation de Mayotte à une éventuelle aggravation de l’épidémie sur l’île, un centre d’hébergement pour des personnes touchées par le coronavirus CoVid-19, et qui ne nécessiteraient pas de soins médicaux particuliers, a ouvert la semaine passée de manière préventive à Dembeni.

D’une capacité de 80 places et installé dans l’Internat de Tsararano, le centre permet d’accueillir dans de bonnes conditions, après recommandation médicale et avec l’accord du patient :

    les personnes dont le domicile ne permettrait pas un isolement satisfaisant (pièce partagée, présence de personnes fragiles).
    les personnes à la santé fragile.
    les personnes en situation de grande précarité.

Un suivi infirmier sera assuré quotidiennement auprès de chaque patient, en lien direct avec le CHM en cas de besoin. Une fois guéri, le patient se verra naturellement proposer par le corps médical de rentrer à son domicile. Cette initiative partenariale associant l’Agence Régionale de Santé, le Rectorat et la Préfecture de Mayotte complète le dispositif sanitaire mis en place pour freiner le développement de l’épidémie et accompagner les patients dans les meilleures conditions.

Depuis l’introduction du virus à Mayotte, près de 2000 tests ont été pratiqués par le laboratoire du CHM. Ces derniers jours, l’augmentation du nombre de cas confirmés est en lien avec un nombre plus important de dépistage. En effet, dans un souci de contrôler la diffusion du virus, des tests de dépistage sont à présent réalisés, au cas par cas, en fonction de la situation, auprès de l’entourage direct des cas confirmés. A cette occasion, les équipes de suivi leur rappellent l’importance du respect d’un isolement strict, de la surveillance quotidienne de leur état de santé (avec prise de température) et d’appeler immédiatement le 15 en cas d’apparition de symptômes.

dimanche 19 avril 2020

Mayotte 17 nouveaux cas de COVID-19 ont été identifiés, portant désormais à 271 le nombre total de cas.

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Le nombre de cas ne cesse d’augmenter ces deniers jours. La majorité de ces nouveaux cas sont des personnes qui faisaient partie de l’entourage direct de précédents cas confirmés.

Depuis l’introduction du virus à Mayotte, plus de 1850 tests ont été pratiqués par le laboratoire du CHM. 

L’ARS enregistre ce jour 17 nouveaux cas positifs.
Parmi ces personnes, 9 avaient été prélevées le 17 avril, 8 l’ont été le 18 avril.
La majorité de ces derniers cas sont des personnes qui faisaient partie de l’entourage direct de précédents cas confirmés.

L’ARS poursuit par conséquent la stratégie appliquée en stade 2 de l’épidémie, qui permet jusqu’ici de circonscrire la progression du virus en identifiant le plus rapidement possible les cas contacts des personnes infectées. 

Coronavirus:Annick Girardin et Christelle Dubos annoncent un dispositif de soutien aux familles des départements et régions d’outre-mer

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La crise épidémique que traverse l’ensemble des territoires français a un impact très important sur le quotidien de nombreuses familles notamment à Mayotte. Cette situation fait peser sur le budget parfois très contraint des familles un poids supplémentaire difficile à supporter.

Les mesures de confinement et la fermeture des établissements scolaires ne permettent plus aux enfants d’accéder à la cantine et de bénéficier de tarifs adaptés à leurs besoins. Cette situation fait peser sur le budget parfois très contraint des familles un poids supplémentaire difficile à supporter.

Afin de leur apporter un soutien financier, Annick Girardin, ministre des outre-mer, et Christelle Dubos, secrétaire d’État auprès du ministre des solidarités et de la santé, ont décidé la mise en place d’un dispositif de soutien aux familles des départements et régions d’outre-mer.

Pendant toute la période de la crise sanitaire et tant que les établissements scolaires resteront fermés, la prestation d’aide à la restauration scolaire versée par les Caisses d’allocations familiales (CAF) aux établissements pour contribuer aux frais de cantines sera versée directement aux familles ultramarines éligibles à l'allocation de rentrée scolaire, soit sous forme d’une aide financière, soit sous la forme d’une aide alimentaire directe. Les CAF de Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Martinique et Mayotte auront en charge la mise en place de cette aide directe qui sera versée dans les prochains jours.

Chaque mois, la prestation d’aide à la restauration scolaire vient aider les familles des départements et régions d’outre-mer les plus en difficulté à accéder à la cantine pour leurs enfants à hauteur de 10 millions d’euros. Cette aide concerne 349 000 enfants et jeunes ultramarins scolarisés en école maternelle et primaire, collège et lycée.

Par ailleurs, le Gouvernement a annoncé le versement le 15 mai prochain d’une aide exceptionnelle de solidarité à destination des foyers en difficultés, et plus particulièrement des familles. Cette aide sera de 150€ pour un foyer percevant le RSA ou l’allocation de solidarité spécifique (ASS) à laquelle s’ajoute 100€ par enfant à charge. Par ailleurs, l’ensemble des familles bénéficiant des aides au logement (APL) bénéficiera d’une aide de 100€ par enfant à charge.